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Posté le 5 juin 2007 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)
Les discussions commencent paisiblement. Bardes de lourds classeurs, les delegues et observateurs rejoignent avec ponctualite et sans empressements les salles de discussions. Comparee aux reunions organisees par le Convention sur la Diversite Biologique ou la Convention sur le Climat, la Convention Cites semble ronronner, pour l’instant eloignee des debats et des actions spectaculaires animees par le societe civile !
Parmi les ONG, on distingue pour l’instant beaucoup d’environnementalistes anglo-saxons a l’exception de l’association Robin des Bois et de la fondation Brigitte Bardot.
Evidemment, les delegations concentrent l’attention des observateurs. A premiere vue, la delegation francaise semble numeriquement importante. Les interventions de la delegation chinoise, israelienne et russe, tout comme celle du Perou sont attendues. Dans cette premiere journee, les dissensions afleurent malgre l’attitude consensuelle d’un des president de groupe.
La domination du Comite des animaux sur le Comite des vegetaux etonne. Ces comites doivent faire avancer les travaux pendant les periodes inter-sessions. Au moment de la presentation des rapports, le Comite des animaux est privilegie : d’abord parce qu’il ouvre toujours les discussions ; ensuite parce que la condescendance de son president oblige un delegue a recadrer les debats : c’est la Conference des Parties qui fixe les objectifs, pas l’un des comites de la Convention !
Le Mexique a ouvert le bal, en proposant d’organiser un atelier de donnerait un avis scientifique sur le commerce non-prejudiciable. Cette proposition, egalement soutenue par le Canada, a remporte tous les suffrages.
L’etablissement d’une liste recensant les systemes de production des especes animales et vegetales protegees par le Convention Cites est aussi a l’ordre du jour. Si l’idee est de favoriser le recensement des plantes et animaux domestiques, le decision achoppe sur la captivite, la semi-captivite des animaux et en particulier sur les systemes d’elevage qui integrent les animaux eleves dans les ranchs. L’Australie milite pour une approche flexible alors que le Senegal souhaite aue le definition du ranch soit limpide.
Vieux serpent de mer, le transport de specimens vivants refait surface. Au dela des questions techniques liees a la tracabilite, le tranport par le route, le rail ou le bateau elude d’abord le transport aerien. La encore, le president du comite des animaux impose ses vues aux pays exportateurs en abandonnant l’idee de comptabiliser la mortalite pendant le transport. L’argument est economique : il ne faut pas penaliser les producteurs ! En reponse, le delegation d’Israel propose un amendement qui elergit le champ d’application a la capture, la preparation pour le tranport et le commerce. De son cote, la delegation allemande (qui represente l’Union europeenne) explique au’il faudra encore ameliorer le texte.
L’etablissenent de nouvelles listes (pour les orchidees, certains oiseaux, des mamniferes marins ou des tarentules) est abordee de la meme facon que le debat sur les especes invasives. Pour de nombreuses delegations, la CITES doit conserver ses prerogatives relativement a la Convention sur la Diversite Biologique.
Les delegation entre dans le vif du sujet en evoquant l’antilope Saiga. Auparavant tres presentes en asie, les populations ont fortement decline au fur et a mesure de la croissance de la population chinoise. Les populations asiatiques ont depuis longtemps integre la corne d’antilope a leur medecine traditionnelle. Cette espece migratrice fait l’objet de mesures de protections en Mongolie au Kazakstan, en Ouzbekistan, en Malaysie, a Singapour ou en Coree du Sud. A l’oppose, la Russie se distingue par un manque d’intervention sur une matiere premiere qu’elle fournit a la Chine. Quant a la delegation chinoise, elle propose de sensibiliser les consommateurs en degageant une partie des ressources commerciales a la protection de l’espece. La Chine souhaite surtout preserver son industrie sans lui imposer de charge financiere !
Les tortues de mer imbriquees font l’objet d’une attention particuliere. Il est vrai que depuis la derniere Conference des Parties, elles ont pati d’une manque de concertation. Localisees dans la Mer des Caraibes, les tortues de mer n’ont pu beneficier d’une initiative commune comme s’y etaient engagees les parties. Certes la presence des USA aux cotes de Cuba n’a pas facilite les choses. On aurait cependant espere que la diplomatie anglaise et la mediation mexicaine soient efficaces. En conclusion, un nouveau groupe de travail a ete cree afin de trouver une solution originale a la mise en place d’une politiaue de conservation regionale. Gageons que l’annonce de Cuba de declarer un moratoire sur la peche de tortues de mer imbriquee a partir de 2008 motivent les troupes !
Le menu se corse avec le concombre de mer qui represente une source proteiniaue non negligeable. Rien au’en Chine, 70 000 tonnes de concombres de mer ont ete pechees en 2002 ! Tres concernee, la FAO annonce qu’elle convoque une reunion d’experts aux Galapados pour la fin de l’annee sur cette espece meconnue. A la suite de ses travaux, on peut esperer qu’un projet de resolution soit redige pour la prochqine COP de la Convention CITES.
A la Haye, les leopards ont les oreilles qui sifflent ! Le Mozambiaue demande en effet l’autorisation de la COP pour augmenter les quotas d’exportation de 60 a 120 unites par an. Le Mozambique argumente par la necessite de developper la tourisme et la presence d’habitats aui favorisent une population nombreuse. En outre, il s’agit egalement d’eviter les conflits entre populations locales. Cette demande est validee par le groupe de travail.
Une demande d’augmentation des quotas concerne les rhinoceros noirs. Plusieurs pays africains souhaitent une regime assoupli (l’espece glisserait de l’annexe 1 qui interdit la commercialisation, vers l’annexe 2 qui autorise des quotas). Motivee par l’Ouganda, cette question est delicate a traiter, comme l’explique la delegation de la Republique Democratique du Congo. En effet, l’augmentation des quotas favorise le braconnage . Sur ce sujet, la delegation du Kenia est particulierement eloquante. Comme sa population, elle garde en memoire les nombreux et recents assassinats de gardes-chasse qui ont endeuille le pays et ont provoque un debat sur la justice et l’impunite.