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PE/BULGARIE/ROUMANIE : la majorité des députés exigent un respect strict des critères d’adhésion

Posté le 31 octobre 2005 par MAIB.INFO (Contacter l'auteur)

Ils doivent, ils peuvent, ils n’arriveront pas... à devenir membres de l’Union dès janvier 2007. Les membres du Parlement européen ne sont pas unanimes sur la date de l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union européenne, mais une très large majorité est pour tenir cette date, si tous les critères d’adhésion sont respectés.

Un élu d’un des nouveaux Etats membres, le socialiste polonais Jozef Pinior, prône cependant une certaine indulgence : aucun des Dix n’était parfaitement préparé lors de la dernière adhésion ; comment exiger de Sofia et Bucarest ce que nous n’avons pas pu faire nous-mêmes ? Les plus sévères ont été Koenrad Dillen (Vlaams Belang, extrême-droite belge), pour qui ces pays ne seront prêts ni en 2007 ni en 2008, et Milan Horacek (vert allemand) : je suis très sceptique, a-t-il avoué en se référant à des conversations privées avec des représentants des ONG à Bucarest.

Athanasios Pafilis (GUE/NGL, grec) défend une position radicalement opposée : la perspective d’adhérer à l’Union n’a pas fait du bien à la Roumanie et à la Bulgarie, en détruisant les cultures traditionnelles comme le tabac, en faisant baisser (de 50%, affirme-t-il) leur production agricole, en mettant en danger les droits des travailleurs face aux représentants du grand capital.

Certains insistent en revanche sur les progrès réalisés, notamment la Baroness Nicholson (ALDE, britannique), qui rappelle les pas gigantesques faits en ce qui concerne la protection de l’enfance, et, dans l’ensemble, l’amélioration du climat général dans ces pays qui étaient autrefois « sombres, lents, fatigués, sans gaieté, sans lumière, sans rire, avec peu d’échanges ». Mais qui reconnaît, comme tous les intervenants sans exception, la gravité du problème de la corruption. Il faut une véritable réforme du système judiciaire (c’est en effet, pour la Commission, la « priorité des priorités »), plaide la socialiste française Odile Guy-Quint, qui invite l’Union à fournir, « sans faiblir », son indispensable aide technique dans ce domaine. D’autres évoquent le problème de l’environnement, notamment Marie Anne Isler Béguin (verte française), qui déplore que, en Roumanie, « les OGM sont rois » et que le delta du Danube, ce « joyau environnemental de l’Europe », soit géré d’une manière inquiétante. Le respect des normes écologiques relève des valeurs fondamentales de l’Union, renchérit Jaromir Kohlicek (GUE/gauche nordique, tchèque).

Un certain nombre de parlementaires ont protesté contre le rejet par le parlement roumain, mardi, de lois concernant les droits des minorités hongroises. Pourquoi est-il si difficile d’accepter de telles lois, se demande Arpad Duka-Zolyomi (PPE/DE, minorité hongroise de Slovaquie ), tout comme Kinga Gal, hongroise du même groupe, la socialiste hongroise Alexandra Dobolyi et le libéral hongrois Istvan Szent-Ivanyi.

Certains insistent sur un bon contrôle aux frontières, notamment le libéral néerlandais Camiel Eurlings, ou Andreas Mölzer (FPÖ autrichien, non inscrit), alors que Libor Roucek (socialiste tchèque), s’inquiète surtout de la capacité des candidats à absorber et bien gérer les fonds de l’Union. Les socialistes Jan Wiersma (néerlandais) et Johannes Swoboda (autrichien) confirment l’optimisme prudent de leur groupe, qui plaide pour une action de sensibilisation auprès de l’opinion publique de l’UE pour la convaincre de l’importance de ce nouvel élargissement, et pour lui faire comprendre que l’élargissement à l’Est, malgré les problèmes qu’il a pu poser, a été positif.

Dans sa conférence de presse à l’issue du débat, Olli Rehn a encore eu l’occasion de préciser la position de la Commission sur un certain nombre de points : (1) glissement possible de la date de l’adhésion. Pourrait-elle avoir lieu en mai ou en juin, au lieu de janvier (comme lors de l’élargissement de mai 2004) ? Le traité prévoit le ler janvier 2007, ou le ler janvier 2008, réplique M. Rehn. Comment peut-on « garantir » l’adhésion pour 2008 s’il reste encore tant de problèmes à résoudre ? Question légitime, admet M. Rehn, mais le fait est que la Commission demande à ces pays de faire tout ce qu’ils peuvent pour entrer dans l’Union dès 2007, donc les chances qu’ils y arrivent au plus tard en 2008 sont réelles. (2) est-il possible qu’un des deux pays puisse entrer et l’autre rester dehors ?

Chacun des deux sera jugé selon ses mérites, répète M. Rehn. (3) possibilité d’envoyer aux deux candidats des lettres d’avertissement mentionnant tous les secteurs qui posent un problème sérieux, soit l6 pour la Bulgarie et 14 pour la Roumanie, ainsi que pour les secteurs où des efforts supplémentaires sont nécessaires. Les améliorations souhaitées sont déjà connues, rappelle M. Rehn. (4) lutte contre la « petite » corruption. Des progrès importants ont été faits, alors que la situation est moins satisfaisante en ce qui concerne la corruption à grande échelle, mais on essaie de mettre en place des mesures structurelles de prévention. (5) l’élargissement aura-t-il lieu avant la ratification de la Constitution européenne ?

Selon M. Rehn, pour le bien de l’Union, la ratification devra avoir lieu « assez tôt dans les prochaines années », mais les deux questions ne peuvent pas être liées.

Source : Agence Europe

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